Crise aux états-unis : les constructeurs de tours cellulaires pourraient subir des pertes colossales

Un conflit majeur s'intensifie aux États-Unis, menaçant la stabilité de l'infrastructure sans fil. Le géant de la téléphonie mobile Dish Network a abruptement interrompu la construction de nouvelles stations cellulaires fin 2024 et tout au long de 2025, une décision visant à préserver des liquidités. Mais cette stratégie a des conséquences désastreuses pour les entreprises qui fournissent les tours et les équipements nécessaires à son déploiement.

American Tower, Crown Castle et SBA Communications, des entreprises cotées en bourse, ont même intenté des poursuites judiciaires contre Dish, estimant être en mesure de récupérer entre 7 et 10 milliards de dollars. La situation est d'autant plus complexe que Dish a invoqué la force majeure, arguant que l'enquête de la FCC sur ses acquisitions de spectre et l'abandon de son réseau 5G indépendant justifiaient son inaction. Une défense que la Wireless Infrastructure Association (WIA) rejette catégoriquement.

La fcc face à un dilemme : approuver les ventes de spectre de dish ou protéger les investisseurs

La fcc face à un dilemme : approuver les ventes de spectre de dish ou protéger les investisseurs

La WIA insiste sur le fait que la force majeure est un argument fallacieux. « Il faut garantir que Dish se porte garant de ses obligations financières. Ce n'est pas une force majeure, c'est purement un prétexte juridique », affirme Patrick Halley, PDG de la WIA. Les ventes de spectre de 40 milliards de dollars conclues par EchoStar, société mère de Dish, auprès d'AT&T (23 milliards de dollars pour des fréquences mid-band et low-band) et de SpaceX (17 milliards de dollars pour des fréquences AWS-4 et H-block) sont au cœur du problème. Ces transactions ont été conclues alors que Dish déclarait force majeure sur ses contrats de location à long terme.

Ce qui arrive ici, c'est une atteinte à l'écosystème entier de l'infrastructure sans fil, un système qui repose sur la prévisibilité des contrats à long terme. Le risque ? Une augmentation potentielle des loyers des tours de 5,7% à 10,7%, qui se répercuterait directement sur les consommateurs et les opérateurs mobiles.

La FCC doit encore approuver ces ventes de spectre. Si elle cède à la pression de Dish, elle risque de légitimer une pratique qui pourrait ruiner des entreprises qui ont investi massivement dans le déploiement de ces infrastructures. L'enjeu est clair : garantir que les fournisseurs d'infrastructures soient indemnisés, et pas laissés avec des dettes considérables.

Le sort de ces contrats et, par conséquent, l'avenir de l'infrastructure mobile aux États-Unis, dépendra de la décision de la FCC sur ces ventes de spectre.