Guerre en iran : la crise énergétique frappe l'europe, les économies freinent
La guerre en Iran, loin de se limiter aux enjeux géopolitiques, répercute désormais ses conséquences sur l'Économie européenne. La flambée des prix de l'énergie, initialement perçue comme temporaire, s'est transformée en une raléation économique continentale face à une inflation toujours plus persistante. Les mesures de relance, amorcées après la guerre en Ukraine, sont désormais compromises.

La production industrielle en allemagne et en italie menacée
Les secteurs les plus énergivores sont les premiers touchés. L'industrie chimique allemande, notamment, envisage des réductions de production si le détroit d'Ormuz reste bloqué. SKW Piesteritz GmbH, le plus grand site d'ammoniac d'Allemagne, a déjà réduit sa production à 85%. Evonik Industries évalue les dégâts potentiels, mais son PDG, Christian Kullmann, prévient que l'entreprise ne pourra échapper aux conséquences indirectes des hostilités.
Le secteur maritime européen ne déroge pas à cette tendance. Hapag-Lloyd AG, par exemple, supporte des coûts hebdomadaires supplémentaires de 40 à 50 millions de dollars liés au carburant, aux assurances et au stockage. Ces coûts, qui s'accumulent, risquent de se répercuter sur l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement, impactant directement les consommateurs.
La confiance des ménages s'effrite, les prévisions de hausse des prix s'intensifient. Le textile, avec des entreprises comme Next Plc et H&M, anticipe également une baisse de la consommation si le conflit se prolonge. Larry Fink, de BlackRock, va encore plus loin : « Si l'Iran reste une menace, le pétrole pourrait atteindre 150 dollars et déclencher une récession. »
Le financement des mesures de soutien économique représente un défi majeur. Seule l'Allemagne dispose d'une marge de manœuvre budgétaire suffisante pour mettre en œuvre un plan de contingence sans s'endetter excessivement. Le Royaume-Uni, en revanche, doit faire face à des finances précaires et devrait voir la Banque d'Angleterre augmenter les taux d'intérêt. Andy Haldane, président des Chambres de Commerce britanniques, souligne la faiblesse de la position du pays vis-à-vis des marchés et l'urgence d'agir avec prudence.
Les ministres des Finances de l'Union Européenne se réuniront ce vendredi avec Faith Birol, directeur général de l'Agence Internationale de l'Energie, pour analyser l'impact de la guerre et coordonner les efforts humanitaires. Le défi est immense : concilier enjeux économiques, énergétiques, inflationnistes et décisions des banques centrales. La crise, loin d'être un simple épiphénomène, révèle la fragilité d'une Europe encore en reconstruction.
