Bbva abandonne chatgpt : la ia, un pari financier de plus en plus flou
Le géant espagnol, BBVA, a soudainement mis fin à sa stratégie axée sur l'alliance avec OpenAI et ChatGPT, dévoilant une nouvelle orientation vers Anthropic, un concurrent en pleine ascension. Ce virage stratégique soulève des questions sur la fiabilité de BBVA en matière d'investissements en intelligence artificielle.
Un pivot stratégique inattendu
Longtemps positionné comme un partenaire incontournable de OpenAI, notamment pour le déploiement de solutions d'IA dans ses produits financiers, BBVA semble désormais privilégier la Technologie d'Anthropic. Cette décision, loin d'être anodine, s'inscrit dans un contexte de doutes croissants quant à la capacité d'OpenAI à tenir ses engagements et à offrir une performance garantie au secteur bancaire.
Les résultats financiers du premier trimestre 2026 confirment cette tendance. Le bénéfice net de 2,989 milliards d'euros, une progression de 10,8% en organique, est principalement tiré par la performance de Mexico (1,453 milliards d'euros, soit 44% du total), tandis que l'Espagne contribue avec 1,095 milliards d'euros, en hausse de 8,1%. Cette forte dépendance géographique, déjà soulignée par le marché, renforce l'incertitude quant à la pérennité de la stratégie initiale.
Si les actions de BBVA connaissent un léger recul (-0,5% en bourse), l'entreprise persiste dans son discours d'exécution et de valeur pour l'actionnaire. Onur Genç, le directeur général, insiste sur la solidité du capital et l'amélioration de l'efficacité, attribuant ces succès à la dynamique de l'activité en Espagne et au Mexique.

L'ia, un pilier de la croissance – mais avec des risques
Au-delà de la question OpenAI, BBVA affiche une croissance record. Le taux d'intérêt a augmenté de 20,2% à 7,537 milliards d'euros, grâce à une augmentation du taux de marge sur les actifs à 3,35%. Le ROTE (Retour sur Actifs) a dépassé les 21%, surpassant les prévisions. Les commissions ont augmenté de 15,5% à 2,256 milliards d'euros, et les revenus bancaires ont atteint près de 9,8 milliards d'euros, en hausse de 19,1%. Des provisions ont également augmenté de 35%, reflétant une expansion du crédit de 17% et une baisse de la morosité à 2,6%.
BBVA annonce un troisième trimestre de son programme de rachat d'actions, pour un montant maximum de 1,460 milliards d'euros, portant le total depuis décembre à près de 4,000 milliards d'euros. Cette stratégie, conjuguée à un développement interne de huit initiatives d'IA, témoigne d'une volonté de se reposer sur ses propres compétences technologiques. L'arrivée du modèle Mythos d'Anthropic et les controverses entourant la gouvernance d'OpenAI ajoutent une couche de complexité à ce pari ambitieux.
“Nous sommes résolument engagés à devenir une banque véritablement propulsée par l'IA,” déclare Onur Genç. “Notre ambition est de nous positionner comme un leader dans ce domaine, comme nous l'avons fait avec la transformation digitale.”
L'absence de mention d'OpenAI dans le rapport trimestriel souligne une prise de conscience interne des risques associés à ce partenariat. BBVA semble se concentrer sur le développement de solutions internes, notamment dans le domaine de l'assistance clientèle (Blue), des outils pour les banquiers et la gestion des risques. La capacité du groupe à scaler ces solutions, comme il l'a fait lors de sa précédente transformation digitale, sera déterminante pour le succès de cette nouvelle stratégie. En fin de compte, BBVA ne se repose donc plus sur une promesse, mais sur une réalité : celle d'une IA en constante évolution, et d'un marché en proie à des incertitudes.
