Crise sur les marchés : la guerre en iran ébranle les finances mondiales
Les marchés financiers asiatiques ont sombré pour la troisième journée consécutive, tiraillés par les craintes d'une escalade géopolitique en Moyen-Orient. Les cours du pétrole ont grimpé, les actions ont chuté et le dollar s'est renforcé, dans un contexte de tensions exacerbées par les menaces américano-iraniennes. La situation, qui s'intensifie, pourrait bien redessiner les contours de l'économie mondiale.
Les craintes d'une guerre élargie entraînent une fuite massive vers la sécurité
Le sentiment des investisseurs s'est radicalement inversé. L'incertitude quant à l'avenir du trafic pétrolier dans le détroit d'Ormuz, voie de passage essentielle pour une part significative de l'approvisionnement mondial en énergie, a déclenché une vague de panique. Les géants du pétrole ont vu leurs actions s'effondrer. La volatilité s'est propagée à tous les actifs, du dollar au yen en passant par l’or, qui a enregistré sa plus forte baisse depuis octobre 2023. Ce dernier a chuté de près de 4%, atteignant légèrement plus de 4 300 dollars l'once, effaçant les gains enregistrés au cours de l'année.
La situation s’est accélérée avec les déclarations du président Trump, qui a donné 48 heures à Téhéran pour rétablir le libre passage dans le détroit. L'administration américaine a menacé de « détruire » les centrales électriques iraniennes en cas de non-respect. La République islamique a répliqué en promettant de fermer le détroit indéfiniment et d'attaquer les infrastructures énergétiques américaines et israéliennes. Une escalade qui pourrait paralyser le commerce mondial.
Les marchés américains ont également subi la pression, avec une baisse particulièrement marquée vendredi. Les investisseurs anticipent une hausse des taux d'intérêt par la Réserve fédérale, craignant que la flambée des prix du pétrole ne relance l'inflation. Les rendements des obligations américaines ont grimpé, atteignant des niveaux inédits depuis plusieurs mois. Les obligations à court terme ont été les plus touchées, avec une hausse de quatre points de base du rendement des bons du Trésor à deux ans, à 3,94 %, et de trois points de base pour les bons à dix ans, à 4,41 %.
Le dollar a bénéficié de cette fuite vers la sécurité, gagnant 0,2 % face aux autres devises. Le won sud-coréen a chuté à son plus bas niveau depuis 2009, tandis que la roupie indienne a atteint un nouveau plus bas historique. Les analystes de Bloomberg soulignent que les marchés sont devenus excessivement sensibles aux déclarations politiques, au détriment des fondamentaux économiques.
« Les titres dominent les échanges en ce moment, et les fondamentaux sont relégués au second plan », explique Matthew Haupt, gestionnaire de fonds chez Wilson Asset Management. Il indique réduire son exposition au risque, attendant une clarification de la situation. Cette prudence se traduit par une augmentation des positions courtes et des couvertures.
La crise humanitaire se traduit déjà par des pénuries de carburant, une hausse des prix des engrais et des difficultés d'approvisionnement alimentaire. Le trafic à travers le détroit d'Ormuz, qui y transitent environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, est quasiment à l'arrêt depuis le début du conflit. Les conséquences pourraient être durables, avec un impact significatif sur la croissance économique mondiale. La situation est tendue, et les solutions semblent rares.
Alors que les négociations diplomatiques semblent au point mort, la question n’est plus de savoir si la guerre va s’étendre, mais comment elle va façonner l’avenir économique mondial. La réponse, pour l’instant, reste incertaine.
