Micron cartonne : la mémoire vive de l'avenir dévore les budgets
Micron, géant de la mémoire RAM et du stockage, affiche des résultats flamboyants. Son chiffre d'affaires a triplé en un an et ses bénéfices, dix fois plus. Cette explosion s’explique par une demande exponentielle pour le matériel informatique, et plus particulièrement pour la mémoire.

L’autonomie à toute vitesse : les voitures de demain, des ordinateurs sur roues
« Les voitures autonomes de niveau 4 vont nécessiter 300 Go de RAM », affirme Sanjay Mehrotra, PDG de Micron. Aujourd'hui, les véhicules en moyenne utilisent 16 Go, mais cette quantité va exploser avec l'avènement de la conduite sans intervention humaine. Ces bolides, désormais des ordinateurs sur roues, sont de véritables gouffres à mémoire.
Ce n'est pas seulement l'automobile. Les robots humanoïdes, comme le Optimus d'Elon Musk, devraient également aspirer à 300 Go de RAM. Un marché qui s'annonce juteux pour Micron, mais pas forcément pour les utilisateurs.
L’entreprise a d’ailleurs décidé de fermer sa marque grand public, Crucial, spécialisée dans les mémoires RAM et les SSD abordables. « Ces chiffres vont continuer à augmenter », assure Mehrotra. Non seulement les voitures autonomes et les robots, mais aussi de nouveaux types de matériel encore inconnus vont alimenter cette demande insatiable.
Elon Musk vient d'annoncer la construction de TeraFab, une gigantesque usine dédiée aux puces, à la mémoire et aux processeurs pour Tesla, xAI et SpaceX. Un investissement colossal qui témoigne de la gravité de la situation.
La montée en puissance de la conduite autonome (niveau 4, c'est-à-dire une autonomie complète dans des zones géographiques définies) va redéfinir les besoins en mémoire. Les experts estiment que la majorité des nouveaux véhicules seront équipés de cette Technologie dans la prochaine décennie, multipliant par 20 la quantité de RAM nécessaire par rapport aux modèles actuels. Les robots humanoïdes suivront la même tendance.
Alors que les géants de la mémoire s'emballent, les consommateurs de PC, smartphones et autres appareils domestiques risquent de se retrouver face à une pénurie et à une flambée des prix. La course à la puissance de calcul s'intensifie, et l'avenir de la mémoire – et celui de nos budgets – en dépend.