Russie : des colombes transformées en “bio-drones” par une technologie de pointe
- Une course à l'innovation dans le domaine des drones
- Le projet pjn-1 : des pigeons pilotés à distance
- Un financement d'envergure et des liens avec le pouvoir
- Avantages des bio-drones : autonomie et discrétion
- Applications potentielles : surveillance, sauvetage et espionnage
- Au-delà des pigeons : d'autres animaux dans le viseur
Une course à l'innovation dans le domaine des drones
Alors que la guerre en Ukraine accélère le développement des technologies de drones, la Russie semble prendre une direction surprenante. Face à la menace chinoise de swarms de drones autonomes, Moscou explore une voie inattendue : la transformation de pigeons en “bio-drones”. Ce projet, soutenu par des fonds importants et lié à des acteurs clés du pouvoir, suscite à la fois fascination et inquiétude.

Le projet pjn-1 : des pigeons pilotés à distance
La startup russe Neiry, basée à Moscou, est à l'origine de ce projet révolutionnaire, baptisé PJN-1 (Pigeon 1). L'entreprise, spécialisée dans les interfaces cerveau-ordinateur (BCI), a développé une technologie permettant de contrôler les pigeons à distance grâce à l'implantation de micro-chips dans leur cerveau. Ces électrodes stimulent le cerveau des oiseaux, les guidant selon des impulsions spécifiques.

Un financement d'envergure et des liens avec le pouvoir
Le projet bénéficie d'un financement substantiel provenant du président Vladimir Poutine et de l'oligarque Vladimir Potanine, via l'initiative “Technologie Nationale”. Il est également soutenu par l'Institut d'IA de l'Université État de Moscou, dirigé par Katerina Tikhonova, la fille de Poutine. Ce soutien officiel témoigne de l'importance stratégique accordée à cette technologie.

Avantages des bio-drones : autonomie et discrétion
Selon Alexander Panov, PDG de Neiry, les bio-drones présentent des avantages significatifs par rapport aux drones traditionnels. Ils peuvent parcourir jusqu'à 400 km par jour sans avoir besoin de batteries, offrant une autonomie bien supérieure. De plus, leur nature organique les rend plus discrets et difficiles à détecter, ce qui les rend particulièrement intéressants pour des missions de reconnaissance.

Applications potentielles : surveillance, sauvetage et espionnage
Initialement, Neiry envisage des applications civiles et industrielles pour ses bio-drones, telles que la surveillance d'infrastructures (gazoducs, lignes électriques) ou la localisation de personnes lors d'opérations de sauvetage. Cependant, des experts craignent un détournement à des fins militaires, notamment pour l'espionnage et le transport de petits objets. La capacité à cartographier des positions ennemies sans attirer l'attention est une perspective particulièrement préoccupante.

Au-delà des pigeons : d'autres animaux dans le viseur
Le projet ne s'arrête pas aux pigeons. Neiry ambitionne d'étendre cette technologie à d'autres espèces, notamment les corbeaux, les vaches et les rats. Cette ambition soulève des questions éthiques importantes concernant le bien-être animal et les implications potentielles de telles technologies.
